FESTIVAL L’OEIL URBAIN ▪ ÉDITION SPÉCIALE AFRIQUE SUBSAHARIENNE
- Eric Poulhe
- 8 oct. 2020
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 11 juin 2023
CORBEIL-ESSONNES
2 octobre 2020 – 29 novembre 2020

C’est l’Afrique subsaharienne qui fait la une de cette huitième édition du festival l’Œil Urbain ; un territoire de 48 états situés au sud du Sahara, si vaste qu’il pourrait sembler vain d’espérer l’englober et d’en définir les contours en matière de photographie. L’écueil est grand en effet d’aborder le sujet sous l’angle des clichés, de la carte postale en quête de pittoresque en passant par un certain misérabilisme où il ne serait question que d’esclavage et de colonialisme. Les généralités ne sauraient prendre le pas sur la réalité contemporaine de ce vaste territoire, avant tout remarquable par sa diversité. La vitalité de la photographie actuelle en Afrique est bien le reflet de cette effervescence d’un continent en plein bouleversement dans un monde globalisé ; une photographie contemporaine émergente portée par une jeune génération de photographes africains talentueux.
L’équipe du festival l’Œil Urbain a souhaité se faire le porte-parole de cette diversité, en intégrant le regard de photographes africains (Sénégal, Congo, Ouganda, Bénin, Afrique du sud) mais aussi européens. Au total, plus d’une dizaine d’expositions proposent un parcours photographique à travers Corbeil-Essonnes et du nord au sud de l’Afrique subsaharienne. Des néons des grandes villes marquées par les pénuries d’électricité aux méandres de la filière du diamant, ou sur les routes cahoteuses, chaotiques, voire absentes de cet immense territoire, tout est affaire de parcours, de voyage, de circulation. Et le spectateur circule à son tour, de la couleur au noir & blanc, dans le clair-obscur, la clarté aveuglante ou le flou artistique, d’une vision particulière à une autre. Ce qui frappe dans ces travaux, c’est le contraste et le foisonnement des points de vue, des univers, et des émotions qu’ils suscitent. Enfin comme tous les ans, s’effectue la passation de relais d’un résident à un autre : nous vous invitons avec Memory Lane à la restitution du très beau travail de Guillaume Zuili sur l’héritage industriel de Corbeil-Essonnes, et à venir rencontrer Yan Morvan, notre résident 2020, qui s’attachera à documenter le quotidien des habitants des Tarterêts.
Jean-Pierre Bechter, maire de Corbeil-Essonnes
Jean-Michel Fritz, premier adjoint au Maire délégué à la culture
Sélection
Commentaire ♥♥♥♥♥
À 40 kilomètres de Paris, après un report lié à la crise de Covid-19, la ville de Corbeil-Essonnes présente du 2 octobre au 29 novembre, le festival photo L’œil urbain, un autre regard sur la ville.
Pour la 8e édition du festival, c’est un vaste territoire, l’Afrique subsaharienne, qui est à l’affiche. Une multitude d’images sont dispersées dans différents lieux de la ville en intérieur, au théâtre de Corbeil-Essonnes, à la galerie d’art municipale ou à la commanderie Saint-Jean, comme en extérieur, dans le square Crété, sur le parvis de l’Hôtel de Ville ou dans la rue Trou-Patrix.
Treize photographes africains ou européens constituent la sélection officielle, complétée par cinq expositions du Off. Les sujets variés, sortant de l’ordinaire, couvrent à la fois les champs économiques, humains ou artistiques. Ils permettent de voyager de Dakar à Kampala en passant par Soweto et Abidjan et de découvrir un continent confronté à une dure réalité économique.
Le reportage de guerre réalisé au Congo de 2007 à 2010, par Cédric Gerbehaye, sous l’angle de l’humain, est très marquant. Les clichés en noir et blanc nous rappellent ceux réalisés par Gilles Caron sur la guerre du Biafra.
Pascal Maître montre la pénurie d’électricité en photographiant des villages de nuit avec ses habitants s’éclairant à la bougie ou à la lampe à pétrole. Sur le même thème, à Brazzaville, Baudouin Mouanda s’intéresse aux jeunes qui révisent leurs cours à la lumière des lampes torches ou sous l’éclairage public du viaduc de la corniche.
Eugénie Baccot réalise une très belle série sur l’invasion des sauterelles et leur capture à Kampala en Ouganda. La couleur verte domine dans toutes ses images.
Kadir van Lohuizen a suivi le trajet du diamant depuis son extraction en Sierra Leone ou en République démocratique du Congo, jusqu’à se retrouver dans des boutiques de luxe à Paris ou des soirées de la jet-set à Londres, en passant par l’Inde pour le polissage, New York ou Anvers, plaque tournante en Europe.
Plus léger, Kibuuka Mukisa Oscar présente une très belle série de photos en noir et blanc sur la communauté des breakdancers. Les images très graphiques montrent une jeunesse dynamique et bondissante.
Ce festival photo est une véritable réussite avec de nombreuses animations autour des expositions qui peuvent toutes se faire à pied. Une autre façon de redécouvrir une ville dont on a plus souvent l’habitude d’entendre parler dans la rubrique des faits divers en banlieue.
E.P.
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