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RAYMOND DEPARDON / KAMEL DAOUD ▪ SON ŒIL DANS MA MAIN

  • Photo du rédacteur: Eric Poulhe
    Eric Poulhe
  • 19 mai 2022
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 9 juin 2023

INSTITUT DU MONDE ARABE, PARIS

8 février 2022 – 17 juillet 2022

À l’approche du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, l’exposition « Son œil dans ma main. Algérie 1961-2019. Raymond Depardon / Kamel Daoud » offre un témoignage unique sur l’Algérie en 1961 puis en 2019, à travers le regard de deux grands artistes : l’un français, cinéaste et photographe, revisitant ses photos d’Algérie ; l’autre algérien, journaliste et écrivain, né en 1970, après l’indépendance de son pays.

En 1961, le tout jeune Raymond Depardon réalise plusieurs reportages photographiques à Alger, puis à Évian, pendant les premières négociations pour mettre fin à la guerre d’Algérie. Près de soixante ans plus tard, avec le désir de publier ces photographies dans une perspective algérienne, il rencontre Kamel Daoud. Un projet d’ouvrage à quatre mains prend forme, porté par Barzakh, la maison d’édition algérienne de l’écrivain. Raymond Depardon retourne en Algérie en 2019 et y réalise une série de photos, à Alger puis à Oran où il retrouve Kamel Daoud.

Les éditions Barzakh proposent à l’Institut du monde arabe de monter une exposition à partir du livre. Son président Jack Lang est immédiatement séduit : la sortie du livre s’accompagnera d’une exposition éponyme, sensible, avec des images rares et des textes inédits qui se répondront en écho tout en pouvant être vues ou lus séparément : deux mondes, deux regards indépendants et pourtant complémentaires qui s’enrichissent mutuellement…

Installée dans deux espaces (niveaux -1 et -2), l’exposition présente 80 photographies de Raymond Depardon et cinq textes inédits de Kamel Daoud. Elle comprend trois sections : Alger 1961 ; Évian-Bois d’Avault 1961 / Oranie 1961 (niveau -1) ; Alger et Oran 2019 (niveau -2).

Dans des salles rehaussées d’un dégradé de bleus évocateur de la Méditerranée, au fil d’une scénographie fluide qui facilite le passage entre les deux médiums, le visiteur navigue entre les grands textes, suspendus comme autant d’installations, et ménageant une transparence qui permet de deviner les photos à travers eux. Textes et photographies sont encadrés à l’identique pour en souligner l’égale importance. Des « comètes », fulgurances inspirées à Kamel Daoud par les photographies, sont traitées comme autant de petites œuvres, formant une ligne d’horizon vers laquelle tend le regard. Un « texte d’exfiltration » guide enfin le visiteur vers la sortie de l’exposition.


Iman Moinzadeh, commissaire

 

Sélection

 

Commentaire ♥♥♥♥♥


L’Institut du monde arabe présente l’Algérie en 1961 puis en 2019, à travers 80 photographies de Raymond Depardon et cinq textes inédits de Kamel Daoud. Installée dans deux espaces, l’exposition débute au rez-de-chaussée par des photographies prises en 1961 à Alger, en Oranie et à Évian-Bois d’Avault, et se termine au sous-sol avec des clichés pris en 2019 Alger et Oran. Un film de 22 minutes réalisé par Claudine Nougaret, la compagne de Raymond Depardon, clôture le parcours par une interview en miroir des deux artistes.

En 1961, le jeune Raymond Depardon, réalise plusieurs reportages photographiques à Alger et dans l’Oranie, puis à Evian, durant les négociations qui aboutiront à la fin de la guerre d’Algérie. Soixante ans plus tard, le photographe a la volonté de publier ces photographies en ajoutant des images contemporaines de l’Algérie, et de les confronter au regard de l’écrivain algérien Kamel Daoud. Le livre né de ce projet, porté par les maisons d’éditions Barzakh et Images Plurielles, va être à l’origine de l’exposition.

L’exposition et particulièrement intéressante car elle montre, à 50 ans d’écart, si les images sont différentes, que le regard de Raymond Depardon, tout jeune reporter ou photographe expérimenté, est toujours le même : raconter une histoire par la pertinence de l’image.

Kamel Daoud exprime avec beaucoup de justesse et de poésie ce regard photographique en apportant sa plus-value et son point de vue littéraire : « Raymond Depardon photographie ce qu’il voit à la jonction de ce qu’il ne voit pas. Je regarde ce que je ne vois pas, en croyant savoir ce que cela signifie. Son œil dans ma main. Son corps est ma mémoire. Ce qui m’intéresse chez le photographe, c’est son corps, son errance, son voyage : je me glisse en lui, j’épouse ses mouvements, son regard, sa culture, ses préjugés peut-être, mais aussi sa singularité. Errance de déclic en déclic. »

Les images présentées, rares, et les textes inédits se répondent en écho avec deux regards indépendants, mais tellement complémentaires, ce qui fait la richesse de cette belle exposition.


E.P.


 
 
 

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EXPO PHOTO

© 2017 Eric Poulhe Photographie

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